quand la science moderne et les traditions anciennes se rejoignent pour soigner le Centre
Les FODMAPs, Fermentescibles Oligosaccharides Disacchararides Monosaccharides And Polyols, un acronyme qui regroupe certains sucres et fibres peu digestibles, sont aujourd’hui au centre des discussions sur les troubles intestinaux. Ces composés fermentescibles, naturellement présents dans de nombreux aliments comme les pommes, le pain complet ou les légumineuses, peuvent provoquer ballonnements, douleurs abdominales et inconfort chez les personnes sensibles au niveau du ventre. Les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable (SII) ou d’une hypersensibilité digestive sont particulièrement touchées.
Il y a une dizaine d’années, un burnout m’a permis de me pencher sur cette question dans la mesure où je suis devenue sensible au niveau de la sphère digestive. Raison pour laquelle, je m’efforce à éviter tout ce qui pèse sur la morphologie, comme les ballonnements, qui parfois sont à l’origine de douleurs lombaires. Et, j’essaie d’identifier les traitements (en réalité, ce sont des changements dans la manière de se nourrir ou dans la posture) qui soulagent les douleurs abdominales.
De fait, une alimentation pauvre en FODMAPs peut apaiser ces troubles et transformer la vie quotidienne. Cette approche ne se résume pas à une simple exclusion : il s’agit d’abord d’apprendre à réécouter son corps, à comprendre ses besoins en termes de nutrition et de personnaliser ses choix alimentaires. Cette perspective alimentaire, soutenu par des recherches scientifiques, partage des similitudes surprenantes avec une autre approche bien plus ancienne : l’alimentation selon la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC).
Le ventre, centre vital de l’équilibre
Dans la MTC, le ventre n’est pas qu’un simple lieu de digestion. Il représente le « centre », ou Région Centrale, associé aux organes de la rate et de l’estomac. Ces derniers transforment les aliments en Qi (l’énergie vitale) et en sang, nourrissant l’ensemble du corps. Un centre équilibré, où les aliments sont bien assimilés, permet de maintenir une santé optimale, tant physique que mentale.
Les recherches actuelles sur le microbiote font écho à cette vision holistique avec le concept de deuxième cerveau. Notre intestin est tapissé de millions de neurones connectés au système nerveux central via le nerf vague. Cette interaction régule non seulement la digestion, mais aussi nos émotions et notre humeur. Ainsi, prendre soin de son ventre revient à prendre soin de soi tout entier.
FODMAPs et MTC : deux approches, un même objectif
Bien que leurs bases diffèrent — biologique pour les FODMAPs, énergétique pour la MTC —, les deux approches cherchent à soulager le ventre, cet épicentre de la santé. Plusieurs points de convergence méritent d’être soulignés :
- Favoriser une digestion harmonieuse : Les deux approches mettent l’accent sur des aliments à haute digestibilité. En MTC, les plats cuits et tièdes comme les soupes ou le congee (bouillie de riz) allègent la rate et l’estomac. De leur côté, les régimes pauvres en FODMAPs évitent les aliments fermentescibles qui surchargent l’intestin.
- Personnalisation alimentaire : La MTC adapte ses recommandations selon les besoins énergétiques individuels (excès de froid, humidité interne). De même, le régime pauvre en FODMAPs propose une phase de réintroduction pour identifier les aliments qui conviennent à chaque personnes, dans une approche sur mesure.
- Une approche globale du bien-être : En MTC, l’équilibre alimentaire fait partie d’un tout incluant le mouvement, la gestion des émotions et le repos. Les recherches modernes sur les FODMAPs montrent également que réduire les inconforts intestinaux améliore la qualité de vie, réduit le stress et favorise un meilleur état d’esprit.
S’approprier sa santé, une question d’alignement
Choisir de prendre soin de son ventre, que ce soit via une alimentation pauvre en FODMAPs ou en s’inspirant des principes de la MTC, c’est réaffirmer sa verticalité, son alignement. Lorsque le centre est équilibré, le corps fonctionne mieux, l’esprit gagne en clarté et les émotions trouvent un point d’ancrage. Dans une société qui valorise souvent la performance et la productivité au détriment du bien-être personnel, réapprendre à cultiver cette écoute du centre est une démarche puissante.
Enfin, au-delà de l’alimentation, mobiliser son corps peut être une façon puissante d’ancrer cet équilibre. Des pratiques comme le Qi Gong, avec ses mouvements fluides et son attention portée au souffle, permettent de reconnecter le corps et l’esprit tout en stimulant les fonctions digestives. Intégrer une telle discipline dans son quotidien est une invitation à renforcer durablement son bien-être.

Votre ventre supporte-t-il les FODMAPs ?
Reconnaître une sensibilité aux FODMAPs repose souvent sur l’observation des symptômes digestifs courants, comme les ballonnements, les douleurs abdominales, les gaz ou les modifications du transit intestinal (diarrhée ou constipation). Si ces troubles sont récurrents et semblent liés à certains aliments, consulter un professionnel de santé est essentiel. Un diététicien ou nutritionniste pourra vous guider dans un régime d’éviction et de réintroduction des FODMAPs pour confirmer la sensibilité et identifier les aliments qui conviennent le mieux à votre système digestif. Cette démarche personnalisée est une clé pour retrouver le confort digestif et améliorer votre qualité de vie.
De manière générale, dans l’alimentation occidentale moderne, le pain et tout ce qui est à base de gluten, ainsi que le lactose et la caséine, sont mal ou difficilement digérés au quotidien. L’évitement ou l’exclusion de ces aliments, sur quelques jours (3 à 7 jours), permet déjà d’avoir une idée de sa sensibilité.
Les aliments riches en FODMAPs
Bien que cette liste ne soit pas exhaustive, voici quelques exemples d’aliments riches en FODMAPs, principalement parmi les légumes et les fruits :
- Légumes : Oignons, ail, chou-fleur, brocoli, asperges, poireaux, artichauts, choux de Bruxelles, betteraves.
- Fruits : Pommes, poires, mangues, cerises, pastèque, prunes, figues, abricots.
Pour info, si vous avez envie d’aller plus loin sur la question, je vous recommande le site, assez complet, de Joris Vanlerberghe, naturopathe.